Bukhara, Uzbekistan
25-28 août 2013

Accompagnés par notre compagnon de route Shinji et son amie Ikumi, nous arrivons au petit matin à Bukhara, oasis à la limite orientale du désert de Kyzyl Kum. Le mot "oasis" fait très "Mille et une nuits", mais je vous assure qu’après Tashkent, ce mot prend tout son sens. La vieille ville, rénovée et ardemment entretenue tous les matins par une armée de petites mains qui ramassent les déchets, a des allures de cités arabes avec ses madrassas (écoles laïques ou religieuses), mosquées et mausolées couvertes de céramiques bleues et blanches. Certes il faudrait s'instruire et prendre connaissance de l'histoire de ce lieu, mais même sans rien savoir, je sens juste que cette ville pourra nous accueillir quelques jours sans nous agresser.
Des notre arrivée, une dame à bicyclette nous propose de loger dans son Bed&Breakfast, le prix est correct. Elle s'appelle Madina, la quarantaine, cheveux bruns courts, une gentillesse dans le regard. Elle parle plusieurs langues, dont le persan et un peu de japonais. Nous la suivons dans le dédale des petites rues de la vieille ville pas encore "touristifiée". Les rues sont en terre, il n'a sans doute pas plu depuis longtemps. Les maisons basses ont de grandes portes en métal, derrière lesquelles on peut découvrir des cour et des jardins si la chance les entrouvre.
Chez Madina, toutes les pièces s'ouvrent sur une petite cour peinte en bleu, ce qui fait que tous les hôtes s'y rencontrent et discutent forcement. Il y a surtout des Européens, et beaucoup de ces cyclistes fous qui visent le tour du monde, ou un bout du monde, en deux roues. Le couple anglaise-irlandais est sur les routes depuis 4 ans et demie, l'autre anglais se la joue en solo depuis plus d'un an. Un troisième fait de même. J'ai du mal à comprendre leur folie... quand on voit l’état des routes dans certains pays, et surtout la faune automobile qui y circule, sans grand respect pour les cyclistes, ça doit être un stress permanent.

Les journées qui suivent se déroulent comme un doux ruban, nos déambulations passent de lieux hyper-touristiques a d'autres complètement vierges d’étrangers. On suit notre instinct, on ne cherche pas grand chose sous cette chaleur qui attaque des le matin, on est juste bien la. La flicaille est étonnamment discrète à Bukhara. Les vendeurs et vendeuses de tapis/foulards/céramiques (au choix) s'adressent à nous en français, ils ont tous un niveau excellent. Un gamin veut nous vendre des cartes postales, on tape la causette également en français, comme si c’était sa langue maternelle.
Sur la demande de ma sœur, je me mets à la recherche de suzanis et d'ikats de soie.