Bogotá, dépt. Cundilamarca, Colombie
20-28 novembre 2014

Un vol de 10h, donc trois films et une petite sieste. Le temps de remplir les formalités pour entrer dans le pays la nuit est tombée, et l'on sait donc qu'il est 18h, car le soleil se couche toute l'année à 18h en Colombie.
José est venu nous accueillir à l'aéroport. Il saute dans les bras de Guillaume comme un jeune cabri - ces deux-là sont des amis de longue date. Avec nos gros sacs à dos pleins de fromages et de saucissons nous avons quelques difficultés à nous introduire dans le bus bondé des heures de pointe. Je réalise seulement que Bogotá est bâtie sur des montagnes lorsque je me retrouve complètement essoufflée par les derniers escaliers qui mènent à l'appartement de José : 2600 m. d'altitude c'est pas rien. Lorsque nous pénétrons dans le bel appartement que partagent José, Camil et Maria Alejandra, la baie vitrée du salon me happe dans une contemplation silencieuse de la ville qui s'étend en contrebas vers l'Ouest, avec son premier plan d'arbres, puis de grands immeubles, dont un qui est un écran 4 côtés à lui tout seul (magie de la LED), puis de maisons plus basses. Quand le temps est clair, on peut voir les contreforts de l'autre côté du plateau de Bogotá, et même la montagne enneigée du Nevado del Tolima.
Le lendemain, petit effet jetlag oblige, nous voilà projetés dans les rues de la capitale déjà bien réveillée à 7h du mat'. Petit déj composé de huevos pericos (oeufs brouillés aux tomates, oignons et coriandre), empanadas (sorte de pâte frite remplie de riz, pois, poulet), pan de bono (demi-sphère de pain de maïs) et une tasse d'un merveilleux chocolat chaud. Inutile de préciser que le thé va désormais tomber aux oubliettes pour un moment.

La ville est grande, "immense" serait plus juste. Construite sur un haut plateau, on s'oriente à l'aide des hautes collines toutes proches du côté Est : cerro de Monserrate. Les rues sont un quadrillage, avenues en Nord-Sud, rues en Est-Ouest, et chacune a son numéro. Bien sûr le français sera choqué par le manque de poésie de ces noms algébriques, mais l'usager sera conquis par la facilité avec laquelle il pourra se situer dans l'espace urbain.
Tours en briques élégantes, immeubles gris pur style URSS, maisons en vrac über colorées, bâtiments néo-classiques 19ème siècle ; il y en a pour tous les goûts, mais toujours avec cette touche particulièrement tropicale : les plantes vertes omniprésentes. Chaque rue, chaque fenêtre, cour intérieure, couloir d'immeuble, petite échoppe a droit à ses plantes en pot, parfois vraiment envahissantes, mais toujours agréables.
Les habitants sont pareils, omniprésents et au contact facile, spontané.

Malgré l'évident excès de circulation automobile (mais quelle grande capitale n'a pas ce problème?), il est relativement aisé de se déplacer en ville. Comme creuser un métro est long et onéreux, la commune a choisi de créer un réseau "Transmilenium", des lignes de bus avec des voies uniquement réservées à la circulation de mastodontes rouges à trois "wagons". Je peux vous dire que ça trace bien!
Les citadins utilisent également les busetas, petits bus à la conduite sportive dont le but est d'avaler goulûment le plus de passagers possible à 1500 pesos la course (pas cher). Guillaume regrette le temps où la carrosserie de ces camionnettes était outrageusement décorée, maintenant c'est beaucoup plus sobre, mais heureusement la musique y est quand même toujours présente.